les bouteilles

Les Bouteilles de Christof Merose vues par Michel Marnat :

Lancé d’air
Dans les hauteurs
Du sensible

Cambrée haut
A travers le feu
Des chemins jeux

Les étendues du beau
Avec un départ chaud
Dans le ventre

Bientôt la pierre
La terre et les cendres
Se cristallisent

Contiennent sereines
Entourent toujours
L’esprit

Sur tout leur long
Laissent parcourir
L’horloge

Posée au soleil
Comme un personnage
Comme un sage

Une carapace
Du touché
Se livre

Une enveloppe
Partagée
Entre les peaux

L’ascendance
De l’osée
De l’aisance

Retenue par le sol
Par un poids d’ombre
Vers le ciel

Allongée vers le rond
Dans son intérieur
Vers le profond

Et sur sa peau
Une ouverture
De lumière

Un partage du silence
Dans la matière
Une lance

Vers le haut
Vers le dense
Toujours vers le haut

Les cariatides
De la table
De la place

Protecteurs
Des longs mots
Désavoués

De la chantée
Des cœurs
De la peur

Défendu dans les rues
Par les solennelles
Les éternelles

Les pots à tous
A la ritournelle
De cette vie belle

Comme une cheminée
Aux volutes visibles
Les yeux fermés

Balayées pour la nuit
Par l’étendue des rêves
Des vieux enfants

Respirée de désirs
Exhausteurs de pire
De bonheur

Elles laissent s’infiltrer
Et le libre
Et l’été

Dans tous les hivers
De ma pensée
Transfigurée de vivre

Saltimbanques immobiles
Jouant du sillon
Dans le muet

Avec ses doigts
Bavards et droits
Et ses lois

Loi immense
Universelle
De la terre

Du lourd
Vers le trait
Et le léger

Avec son bouclier libérateur
De la terre – prière
Païenne et sacrée

Nuage
Elles se touchent
Ces bouteilles

Ces réceptacles
De tes souhaits
De tes départs

Ces déposées là
Prête à entrevoir
Le pas encore

Le renoncement
Pour parvenir
A tout lâcher

Jusqu’à l’impossible
Redécouvert d’ici
Dans le présent